36914736 - young doctor giving helping hands for elderly woman
crédit image: 123rfOcskay Bence Mor

Cette courageuse femme quittait son travail en tant qu’aide soignante dans un Centre hospitalier en publiant sa lettre de démission sur les réseaux sociaux.

Elle y explique explique la galère des aides soignantes et leurs détresses car effectivement les employés doivent remplir des tâches difficiles et surtout faire face à un environnement de travail peu reconnaissant.

Voici sa lettre :

Bonjour,
À qui de droit, (membres de la direction,

gouvernement ou tout autre personne qui détient le pouvoir de faire évoluer les choses…)

Ça fait des jours que je cherche la bonne façon de décrire, d’expliquer, de m’exprimer, afin de mieux faire comprendre les raisons pour lesquelles j’ai démissionné de ma vocation de PAB. Si je pouvais résumer en une phrase, je dirais « Mon métier me détruit » autant physiquement que psychologiquement. Je ne cherche pas la pitié, je demande seulement un peu d’empathie, de l’écoute et de la reconnaissance, de la compréhension, mais surtout du soutien, le désir de vous faire réaliser… que je tente de sauver mes collègues ainsi que les patients des centres hospitaliers, et peut-être recevoir un peu de ce que j’ai tant donné… !

Pour commencer, avoir entre 12 et 16 patients pour une seule préposée…. C’est selon MON jugement, INHUMAIN ! Comme j’aimerais vous faire visualiser !!!

D’abord, faisons une moyenne entre le minimum et le maximum de patients attribués à une préposée. Une journée typique où j’ai 14 patients. J’arrive à 7hrs am. Je dois distribuer le déjeuner à 8hrs am. Je dois évidemment lever tous les 14 patients au fauteuil (pour stimuler leur autonomie) en une heure, on se comprend là-dessus ?

J’aimerais savoir, combien de temps concédez-vous à une personne pour lever ces 14 patients en considérant qu’il y a en moyenne (sans exagérer):

– 2 patients paralysés d’un côté.

– 2 patientes très confuses qui ont jouées dans leurs culottes d’incontinence et ont faits des dégâts dans leurs lits, leurs mains, leurs visages… (Changements de lits urgents, on s’entend ???)

– 2 patients très lourds qui souffrent au dos.

– 2 patients branchés sur des pompes avec lunettes d’oxygène et sondes, bref remplis de fils !!!

– 2 patients à qui l’on doit expliquer et réexpliquer les principes de la marchette (pour stimuler leur autonomie) et les installer dans un fauteuil gériatrique avec ceinture et tablette.

– 1 patient à installer droit dans son lit, oreiller au dos, parce qu’il doit rester alité.

– 2 patients qui sont faciles à mobiliser, mais qui refusent de se lever et deviennent agressifs.

– 1 patient autonome. (La joie!)

Mais ce n’est pas tout. Pendant que l’on doit lever tous ces patients :

– 6 d’entre eux ont besoin d’aller aux toilettes, se déplacer (pour stimuler leur autonomie) et les autres on doit, soit changer leurs culottes, soit les installer sur la bassine ou la chaise d’aisance.

En une heure, pensez-vous que c’est possible de BIEN faire tout ça ???

Je mets de l’importance sur le mot BIEN et je m’explique…

Je parle de « bien faire » dans le sens où :

– J’aime quand mes patients travaillent eux-mêmes le plus possible pour se mobiliser (ça stimule leur autonomie), mais je pourrais aussi les prendre par le dessous des bras et la culotte et tirer, en disant « Go on se lève » ça irait plus vite !!!

– J’aime aussi quand mes patients ont les parties génitales et les mains bien nettoyées lorsqu’ils vont à la toilette (c’est plus sain), mais je pourrais camoufler le tout avec une culotte d’incontinence neuve, sans laver leurs mains et personne n’en saurait rien, ça irait plus vite !!!

– J’aime aussi répondre aux cloches d’appels le plus efficacement possible. (Souvent les besoins des patients sont importants), mais je pourrais simplement éteindre la cloche d’appel sans répondre à la demande du patient, ça irait plus vite !!!

Bon, revenons au déjeuner. À chaque cabaret distribué, je leur installe un tablier et m’assure qu’ils aient les mains propres.

Sur les 14 cabarets distribués :

– 9 d’entre eux ont besoin d’aide pour ouvrir tout leurs contenants.

– 7 d’entre eux ne graissent pas leurs rôties et on les assiste le temps qu’ils le fassent seul avec consignes (pour stimuler leur autonomie).

– 2 d’entre eux ne mangent pas seul.

Combien de temps allouez-vous à une personne pour nourrir deux êtres humains ???

Ensuite la PAB doit ramasser tous les cabarets, noter le pourcentage de la nourriture mangée par le patient et noter s’il y a lieu les dosages de liquide bu.

Maintenant, pour continuer dans les moyennes non exagérées…

– 9 bains partiels ou complets doivent être faits (en moyenne, selon notre plan de travail).

– 3 lits doivent être changés au complet (sans compter les imprévus).

Combien de temps accordez-vous pour BIEN faire ces tâches ???

Je m’explique encore sur le mot « BIEN »…

– J’aime nettoyer avec soins mes patients. Savonner, rincer, essuyer, crémer (ils le méritent), mais je pourrais aussi n’utiliser que le savon sans rinçage qui n’élimine pas les odeurs et qui ne sent rien et essuyer très rapidement en laissant de l’humidité, personne ne le saurait, ça irait plus vite !!!

– J’aime faire la barbe de mes patients. Ils sont âgés mais ont encore une fierté et j’ai l’impression qu’ils feel mieux (c’est sûrement psychologique de ma part). Je pourrais me dire, la barbe peut s’endurer encore 1 jour ou 2, les employés de demain le feront, ça irait plus vite !!!

(et je me le dis souvent, je n’ai pas le choix).

– J’aime quand mes patients propres se couchent dans un lit propre. Je pourrais tout simplement ne pas le faire quand le lit ne semble pas souillé, ça irait plus vite !!!

Ensuite arrive le temps du dîner. Je pourrais répéter le même paragraphe que celui du déjeuner (ça aurait plus d’impact), mais je vais m’abstenir en espérant que cette partie là, ait été bien comprise… ça va aller plus vite !!!

Pour faire plus court dans toutes les tâches que je n’ai pas encore mentionnées, je vais les ajouter ici… Notez bien qu’on termine notre chiffre de travail à 15hrs pm. En épargnant beaucoup de détails, puisque les journées se suivent, mais ne se ressemblent pas…!

– La moitié des patients veulent se coucher après déjeuner, se relever pour diner, se recoucher après diner et parfois se relever encore. (Moyenne de 21 mobilisations en levée et couché).

– Presque tous vont à la toilette 3 fois par chiffre de jour (13×3=39), (Pour un patient autonome à ne pas oublier) !!!

Regardez bien, juste la dernière phrase entre parenthèse… 39 FOIS allés/retours des toilettes ou changements de culottes !

Combien de temps estimez-vous à quelqu’un pour faire cette tâche 39 fois ???

(N’oubliez pas d’ajouter à ça les 9 bains partiels ou pas, les 3 changements de lit et la liste qui suit…)

– 3 patients doivent être préparés pour un examen. Ce qui s’avère être de nouvelles mobilisations.

– 1 départ ou une admission de patient (qui inclut du temps de préparation).

– 5 collations à distribuer aux personnes diabétiques (on ne les lance pas sur les tables. Ça indique ici d’installer le patient pour qu’il soit capable de manger ou de le nourrir s’il en est pas capable seul).

– Vider les poches souillées dans la chute à linge. (Moyenne 7 par jour, s’il n’y a pas de cas en isolation).

– Désinfecter tous les chariots de poches souillées

– Faire la tâche de la semaine (ex : laver le frigidaire appartenant à tout le personnel).

– Remplir les chariots de lingerie, de nettoyants, crèmes, culottes, etc.

– Ramasser les traîneries sur les tables des patients et désinfecter celles-ci.

– Chaque civière ou fauteuil roulant doit être désinfectés après utilisation.

– Sans oublier que l’on a en moyenne 1h15 min. de pause et dîner combinés.

Aussi, plusieurs imprévus arrivent au mauvais moment. En moyenne (j’aime faire une moyenne de mes 5 années d’expériences) 2 de cette liste arrivent au moins à tous les jours.

– Renversement de pichet d’eau.

– Vomissures.

– Dégâts de selles ou d’urine.

– Mauvais cabaret (doit se rendre à la cafétéria en chercher un autre).

-.Commission à faire pour infirmière (aller en stérilisation ou aller chercher commande au laboratoire).

-.Patients à risque de chute qui se lève seul trop souvent (surveillance étroite difficile à faire lorsqu’on est occupé à une autre tâche).

-.Faire marcher les patients, selon le tableau de recommandation du programme de mobilisation.

– Bonbonnes d’oxygène vides lorsqu’on en a besoin immédiatement.

– Patients en isolation (C difficile ou SARM) qui demande plus de temps de préparation.

– Réunion d’équipe à tous les matins (où souvent les préposées sont parfois trop occupées pour y assister, et ça ne semble pas toujours très important aux yeux d’une partie du reste du personnel que la préposée ne connaisse pas les problèmes de ses patients).

– Mettre le plan de travail à jour et signer les tâches faites.

– Nettoyage des bassines, bols de bain et autres équipements.

– Patient qui utilise la cloche d’appel régulièrement parce qu’il a chaud, froid, est mal installé, ça lui pique dans le dos, est inquiet, etc.

Vous adjugez combien de temps aux imprévus ???

Notez bien, que mes patients ont toujours été MA PRIORITÉ. Je sais aussi qu’ils m’appréciaient. Souvent je me suis fait remercier de ma douceur et ma délicatesse. J’aimais beaucoup le nouveau programme de mobilité (faire bouger les patients) en fixant des objectifs aux patients sur leur capacité de marcher, d’aller de plus en plus loin, ainsi que leurs AVQ. Mon but premier était de mettre du bonheur dans leur journée, ils en avaient besoin! De plus, j’ai quand même eu la chance de travailler avec des infirmières en or qui s’épuisaient aussi au travail parce qu’elles (ou ils) aidaient beaucoup à mobiliser les patients en plus de leurs tâches… et je les remercie! Par contre, avec tout l’ouvrage qui en découlait la majorité du temps, je dois avouer que j’étais plus qu’épuisée à la fin de la journée.

Maintenant, je tiens à mentionner un point important à mes yeux (qui concerne tout le monde). Le manque de solidarité entre « certains collègues » ou autres quarts de travail… Je précise ici un point important puisque j’en ai été affectée moi-même comme plusieurs, et je l’ai trop souvent remarqué pour ne pas le mentionner.

Avant de vous en faire part j’insiste sur une précision. Tous les points que j’ai dictés plus haut en parlant de ce que j’aime « bien faire » avec les patients, ont été faits de ma part avec tout mon cœur et toute mon énergie. J’ai toujours fait mes tâches du mieux que je pouvais en donnant mon 100%. Prenant soin des patients, je n’ai jamais eu cette école de pensée qui dit « Ça va aller plus vite »!

Mentionnons maintenant les remarques négatives (de certaines personnes) que j’appelle en autre terme « du bitchage » et qui peuvent nuire au rendement, à l’estime et à la confiance en soi et qui peuvent mener à l’épuisement à force de vouloir être parfaite pour satisfaire et plaire à tous…

J’ajouterai entre parenthèses ma remarque personnelle.

– Plainte d’une collègue du chiffre du soir que les plats de collations ne sont pas ramassés sur les tables des patients. (Dans le pire des cas, il y en a juste 5 qui traînent, alors en passant les verres d’eau avec ton chariot, tu peux facilement les ramasser non ?!!)

– Plainte d’une collègue du chiffre de soir sur le fait que les draps du fauteuil patient n’ont pas été changés en même temps que le lit. (Quand je change le lit du patient, souvent le patient est assis sur son fauteuil, je ne peux donc pas changer le drap du fauteuil. Plus tard, je manque souvent de temps. Mais toi tu peux! À 10hrs le soir quand tous les patients sont couchés!!! Et si tu n’as pas le temps…. Je ne te jugerai pas) 

– Plainte d’une collègue du chiffre de soir que les culottes n’ont pas été changées pendant la dernière tournée. (Si je commence ma dernière tournée de culottes à 14hrs et que toi tu passes à 15h30, il est fort possible que tu trouves une ou deux culottes souillées. Penses-tu que je ne vois jamais de culottes souillées quand je commence mon chiffre le matin? Et non, je ne me plains pas, je comprends que ça se peut, puisqu’il n’y a pas encore de minuterie sur la vessie des gens…) !!!

– Plainte d’un autre chiffre que le vidage des poches de linge souillées ou le remplissage n’ont pas été fait. (Ben non! Je n’ai pas eu le temps aujourd’hui! C’est rare mais ça arrive. Câline… Mes patients ont été prioritaires! J’espère, moi aussi, que ça ira mieux demain !!!)

-.Affirmation d’une collègue à une autre lorsque j’ai travaillé dans un département où je n’étais pas habitué du tout et qui demande des soins particuliers. «Ha non! Ils nous envoient toujours des petites nouvelles qui sont pas habituées, j’suis assez tannée»! (Yououuu!! je suis là! Que c’est agréable de commencer une journée avec un bel accueil comme ça !!! Surtout quand j’ai angoissé toute la nuit à l’idée d’être obligé d’aller travailler à un endroit où je ne suis pas à l’aise du tout et que j’appréhendais déjà ce genre d’attitude ! Je me demande bien pourquoi…)

-.Phrase que j’ai entendue trop souvent dans plusieurs départements, sauf dans mon département habituel où mes collègues me connaissent bien. « ELLE EST OÙ MA PRÉPOSÉE ? » ou encore « Heille! C’est tu toi ma préposée ? Viens ici j’ai besoin ! » (Heu… J’ai un prénom moi aussi et il est encore plus beau que « ma préposée »! De plus, je ne t’appartiens pas! Nous sommes une équipe de 3. Serait-il possible de retenir mon prénom qui est écrit au tableau ?!! Au pire, écris-le sur ton bras si tu n’as pas de mémoire…)

On tente d’apprendre aux enfants le respect, l’acceptation, la compréhension, la communication, bref, rendu en milieu de travail est-ce que l’on pourrait appliquer ces belles valeurs ? Croyez-moi, L’harmonie et la qualité du travail accompli commence par tout ceci… 

Voilà toutes les raisons pour lesquelles je me suis épuisée à vouloir satisfaire à tout le monde dans ce que je croyais être « Ma Vocation ».

La petite goutte qui a fait déborder le vase maintenant…!

Je suis monoparental. Je n’ai pas de mère ou belle-mère qui est disponible en tout temps, comme bien d’autres, pour s’occuper de mon enfant au besoin. Comme je suis seule avec mon enfant, je ne suis pas assez fortuné pour réserver un budget au gardiennage. Étant disponible sur le chiffre de jour, on exige d’être disponible et de travailler au moins 2 soirs semaine. Je réussis parfois à m’organiser mais là dans ce cas-ci c’était plus compliqué. On me demandait de travailler de soir (dans le département mentionné plus haut où je ne suis pas à l’aise et ne me sens pas la bienvenue) et de rentrer de jour le lendemain. Je tente par tous les moyens de trouver une solution. Je demande un refus de quart. On me dit que selon la nouvelle convention, on ne peut plus faire ça. Je tente d’échanger avec un autre employé, je ne trouve personne et je n’ai pas droit à la liste d’employés. Je demande alors des vacances fractionnées. On me le refuse aussi, je ne suis pas dans les délais. Donc, je demande à la liste de rappel de me proposer une autre solution. Voici la solution que j’ai reçue, sur un ton de voix aussi agréable qu’une gastro : « Trouve toi une gardienne comme tout le monde »!

J’ai démissionné !

NB (Je tiens à ajouter que pendant mes 5 années au centre hospitalier de ma région, j’ai fait des rencontres merveilleuses. Je m’ennuie de mes collègues avec qui j’ai développé une belle complicité, ce qui rendait tout de même l’atmosphère agréable à travailler. Je m’ennuie également de mettre du soleil dans la journée de mes patients. Pour eux, j’étais à ma place, et ils appréciaient ma façon de prendre soins d’eux. Je les remercie, collègues et patients, qui m’ont permis de tenir le coup pendant tout ce temps. Maintenant, je ne suis plus là, mais sachez que je vous appuierai toujours et m’impliquerai à faire reconnaître cette gratifiante vocation !!!

Merci de partager cette lettre !

Source: http://www.actusoins.com/264600/aide-soignante-elle-cree-une-enorme-onde-de-choc-en-publiant-sa-lettre-de-demission.html

20 Commentaires

  1. Non seulement c’est un travail qui te détruit, mais où on assiste à des maltraitances fréquentes. Je n’ai pas souhaité continuer non plus pour ces deux raisons. Je n’avais pas la force pour cela. Aide-soignant, c’est être au bas de l’échelle de la hiérarchie hospitalière, alors que nous sommes le plus au contact avec le patient. Autant il y a des collègues super (infirmiers, aides soignants, etc), autant on m’a déjà fait me sentir « inférieur » à cause de cette étiquette de « personne à tout faire », alors que je suis allé à l’université plus d’années qu’il n’en faut pour former un infirmier.
    Et puis le patient n’est pas considéré non plus.
    Le milieu hospitalier est pourri, fuyez-le comme la peste.

  2. ma femme faisait ce métier à domicile. Elle persistait à bien faire, malgré la pression due à l’augmentation des patients à faire de plus en plus vite .. elle dépassait donc ses horaires bien sûr ! elle prenait sur elle.
    C’était pas un bon exemple pour les autres. La Direction a fini par lui fabriquer une « faute » … on a gagné en prud’homme … mais elle n’a plus jamais aimé ce métier.

  3. j’accompagne Maman depuis des années, même si Elle est placée en EHPAD, et combien j’ai pu observer ces Aides Soignantes, si peu reconnues de leurs employeurs!!! Pressées, stressées, à tout les parfums, gardant le sourire, même si des fois (je le comprends) certain(e)s ont dû le perdre d’épuisement!!!! Cette Profession doit être Reconnue, Respectée, Rémunérée, à sa juste Valeur!!!! Courage et MERCI à ces Aides Soignant(e)s!!!!!

  4. Les Aides – soignantes, infirmières et autres employés des Hopitaux ont largement de quoi se plaindre mais, les patients aussi car, tout est lié. Nous patients sommes traité comme des débiles et les paroles réellement gentilles sont d’extrêmement rares exceptions, on se fait engueuler très souvent pour rien. Question empathie, les animaux sont mieux traités chez les Vétérinaires. Ce n’est évidemment pas entièrement la faute du personnel qui est largement trop peu nombreux mais, c’est un fait dû au Système capitaliste égoïste.

  5. IL FAUT QUE LE PAB SOI RECONNU A SON JUST VALEUR, C’EST UNE PROFESSION QUE DOIT COMMENCER AU MOINS POUR 40$/H ET MÊMME SE PAS PAYER, SON TEMPS ET SON EFFORT SONT PAS RECONNU.

  6. je trouve ca inhumain de compter le temps à allouer à une personne en perte d’autonomie. Ma mère à 91 ans et nous ses enfants ne l’ont jamais laisser sans aide. Mais combien se retrouve sans force, malade, incapable sans aide de se déplacer et surtout dépourvu psychologiquement(crainte, peur, etc..) toute personne a besoin d’un minimum d’attention pour garder son envie de vivre malgré les difficultés. Nos ainés mériteraient d’être traités pour ce qu’ils sont des personnes qui ont travaillées à faire ce que notre pays est aujourd’hui. Quand l’ont partage avec eux ils ont tellement à nous apprendre, à nous parler de leur vécu. MAIS surtout il faudrait avoir du respect pour les gens que en prennent soin, car ce sont des personnes dévouées, intelligentes,qui prennnent à coeur leur métier. Ses personnes mériteraient un salaire beaucoup plus élevé mais et SURTOUT que leur employeur(gouv.) respectent les ainées et les employés. Ceux qui sont passés avant nous ne doivent pas être oublié pour une question de budget. Avec le gaspillage qui se fait à tous les niveaux des gouvernements c’est scandaleux de voir nos aînés traités de la sorte. Je peux comprendre la préposée qui a publié sa lettre de démission, je lis dis BRAVO et je lui souhaite le meilleur pour l’avenir. Elle a agi avec son coeur.

  7. Et combien de temps te reste-t-il pour écouter tes patients? Ce sont des êtres humains après tout et ceux-là en ont plus besoin…

  8. A tous les membres du GOV qui ont un beau bureau PERSONNEL, une belle chaise bien rembourrée, des murs décorés de belles peintures, un pot d’eau fraîche, votre  » travail  » vous est apporté directement sur votre beau bureau, OUPS: 12.00hrs,c’est l’heure de dîner, De retour dans 1hr.? 13.18 je suis de retours. Il est 15.50hrs ma journée est finie. NON MAIS; VOUS N’AVEZ PAS HONTE D’ACCEPTER VOTRE DERNIÈRE AUGMENTATION? tandis que nous Aides soignantes, on se fait mourir au travail, acceptant les reproches parce que on n’a pas eu le temps d’aller gratter le dos de un, changer le lit de l’autre, ON N’A MÊME PAS EU LE TEMPS DE PENSER À DEMANDER UNE AUGMENTATION, POURTANT C’EST FACILE DE VOIR QUE NOUS SOMMES SOUS-PAYER et non pas SUR-PAYER. Alors on accepte: reproches, bêtises, accusations, blâmes, etc…. sans dire un mot et, un jour ON DÉMISSIONNE. PS: Je n’ai rien de commun ni de près ni de loin, avec le métier honorable d’AIDE-SOIGNANT J’ai juste de la pitié pour ces personnes dévouées à nos personnes âgées.

  9. Je suis entièrement d’accord avec tout ce qui est dit dans cette lettre étant aide soignante depuis 34 ans maintenant je peux dire que c’est un travail dure mais beau pour celui qui a du cœur. J’aimerais rajouter en plus que la fatigue accumulé de tout les jours fini par nous esquinter le dos et ce n’est pas très bien reconnu en AT par les médecins du travail qui eux sont bien assis sur une chaise dans leur bureau voila le dessin de l’avenir.

  10. les 35 heures à l’hôpital ont enlever le temps relationel avec les patients et l’équipe soignante
    trop de taches à accomplir en un temps record c’est la honte !
    Messieurs les politiques bougez vous
    : nous exigeons la compétence et le sérieux dans ce milieux ou nous rentrons en reculons lorsque nous sommes malades respectons la personne âgée : il faut doubler les effectifs
    merci

  11. la HONTE le temps relationnel avec les patients et l’équipe soignante n’existe plus . il est urgent de doubler les postes infirmiers et aides soignants .Les 35 heures n’ont rien arranger : trop de taches à accomplir en un temps record , pas assez de repos et de congés annuels
    la santé n’a pas de prix . Nous devons exiger la compétence et le sérieux
    METTONS NOUS DEBOUT !!!!

  12. Non, malgré (et peut-être surtout) malgré tout votre courage, il vaut sans doute mieux que je ne laisse pas de commentaires « à chaud »… Et ce que vous dites ici peut – hélas ! ! ! – s’appliquer à TOUS les STADES de « la vie » (crèches, écoles, homes pour « Jeunes en difficultés » – hôpitaux, etc. ! ! ! Ce sont les « joies » du Secteur dit « non-marchand », qui ne produit – par définition des « politiques » – RIEN…) ! ! ! ? ? ? RESPECT à VOUS et à vos semblables, qui avez moins de chance que celles/ceux qui ont commencé dans les années ’70, qui ont pu voir et alerter la presse comme la police judiciaire… Faudra peut-être refondé une « association plus ferme », je ne sais plus : BISES à vous toutes/tous, je reviendrai…calmé dans quelques heures, je suppose….

  13. Mon épouse est aide -soignante en gériatrie, maison de retraite et service à domicile,depuis l âge de 19 ans,… par passion! Après 16 années au service de TOUS sans compter, (car la personne « était » sa priorité), son dos à « lâché » subitement il y a 30 mois….diagnostic; 4 discs usés dont 1 cassé, en miette!!! Douleurs, souffrance, opération prothèse discale L5-S1…en ce moment en centre de rééducation plus de 2 années après son opération !!!!!!!! ; …..Elle n attend plus rien de personne , pas même un « MERCI » qu’ elle n a jamais entendu… J adresse un grand et puissant MERCI à Vous, femme aide-soignante qui avez le courage de démissionner (pendant qu il en est encore temps!) et de motiver ce choix par une lettre ouverte , reflet de votre vie au travail…. Vous faîtes juste le choix de « sauver » votre peau avant de risquer de perdre votre Vie de femme, de maman, ….BRAVO!!!

  14. Félicitations à Vous , aide soignante démissionnaire, et MERCI pour votre lettre ouverte, reflet de la réalité! Mon épouse « était » aide soignante en maison de retraite et soins à domicile depuis l âge de 19 ans…métier passion! Après 16 années de services sans compter, son dos à « lâché » il y a 30 mois, subitement , aucune alerte. Douleurs, souffrances, … Diagnostic; 4 discs usés dont 1 cassé en miette!!!. Opération douloureuse prothèse discale L5-S1,il y a 26mois. En ce moment , elle en « bave » en centre de rééducation, loin de ses enfants et de sa famille… Vie massacrée!!!
    Madame l aide soignante démissionnaire, BRAVO!!! Par votre choix courageux, vous venez simplement de sauver votre peau, dignement!!! Gratitude à vous et à tous vos collègues qui osent faire ce choix…

  15. Bravo pour ce courage, avant d’être infirmier, j’étais aide soignant, je me revois en situation, ainsi que toutes ces contradictions entre des soins de qualité ou suivre le rythme pour terminer le roulement à l’heure , il est vrai que certains jours j’étais frustré et peu fière de moi … Le système est ainsi fait pour optimiser au maximum, combien de fois j’entendais qu ‘il fallait faire plus avec moins … C’est pas mieux en tans qu’infirmier voir pire encore, pour être honnête je ne suis plus en accord avec mes valeurs humaines et ce que l’on me demande de faire … Il ya certains jours, je me crois à l’usine, travailler à la chaîne, sans avoir le temps de dialoguer avec mes patients, même à l’usine, pour y avoir travaillé pendant mes études , il y avait plus d’humanité et de respect, il faudrait repenser tout le système, on va droit au mur comme ça et je pèse mes mots .

  16. Témoignage édifiant sur la maltraitance institutionnelle du grand âge dans une société engluée dans des logiques de déshumanisation au nom de la modernité et de la gestion de qualité. C’est de la perfection de l’ignoble. Et pourtant, le silence est violent devant ces faits monstrueux. Des hôpitaux psychiatriques aux maisons de retraites, le paradigme est le même : Réduire des êtres humains à des objets et des choses.

  17. Je suis auxiliaire de vie sociale diplômée d’état, niveau 5, depuis 17 années. cette profession je l’ai choisie et je l’exerce avec sérieux et humanité. J’ai suivi toute la préparation au concours d’Aide-soignante, que je n’ai pas pu finaliser car mon compagnon, à l’époque est décédé des suites d’un cancer et je ne parvenais plus à trouver l’énergie nécessaire. J’ai continué de fonctionner avec mon DEAVS et à chaque fois que j’ai été embauchée en CDD dans des EHPAD, pour des remplacements , faisant fonction d’aide-soignante (ce dont je suis parfaitement capable, puisque je pratique toilettes et soins courants, aide à la motricité, à l’alimentation et prise en charge totale de la vie de mes patients à domicile en jour et gardes de nuit) , j’ai été confrontée à des faits inadmissibles : toilettes accélérées et bâclées pour les patients, cadences toujours plus importantes, réflexions et humiliations de mes collègues plus anciennes et titulaires des postes, manque d’humanité et même maltraitance verbale ou gestuelle envers les personnes âgées, à cause du manque de temps. Le personnel soignant est stressé, fatigué, et cela retombe soit sur les remplaçantes, soit sur les patients. Je me suis entendu dire textuellement « tu n’es pas là pour faire du social, active et passe à autre chose » en prenant un matin, après avoir fait la toilette d’une dame âgée qui pleurait souvent, un peu de temps pour la réconforter. Ma collègue plus ancienne m’a prise à part et m’a fait remarquer que mon rôle se bornait à la rendre « correcte » et à la conduire au salon devant la télévision. Dans un autre EHPAD, j’ai subi des moqueries, des bassesses en tous genres de la part du personnel titulaire, jusqu’à me reprocher mon « trop plein d’humanité » pas en accord avec le régime de l’établissement. Dernièrement j’ai été licenciée d’un EHPAD pour avoir malencontreusement donné au cours d’un repas, dans la structure Alzheimer, une saucisse-purée à un monsieur âgé de 84 ans, qui lui ne s’est rendu compte de rien et a même apprécié. Mes deux autres collègues très jeunes se sont fait un plaisir de remonter l’information au niveau de la Direction. Je leur avais donné des conseils gentiment sur leur façon de travailler qui ne manquait pas de désinvolture face aux personnes atteintes de maladie d’Alzheimer, sans plus. La vengeance n’a pas tardé à me faire licencier. J’ai subi dans cet établissement des paroles d’une méchanceté et d’une vulgarité incroyables me poussant à pleurer. Mais je devais faire avec pour garder mon emploi, car c’est vital, étant seule dans ma vie. Lorsque la Cadre chargée des Ressources Humaines m’a convoquée pour m’annoncer mon licenciement, elle ne m’a pas fait de reproches sur mon travail, uniquement sur la saucisse-purée. Et ce malgré toutes mes excuses car je ne l’avais pas fait sciemment.
    Elle m’a alors répondu ces mots indignes d’une Cadre :  » Ici , c’est la Jungle, entre les membres du personnel ». Je lui ai répondu que je venais pour exercer un e profession que j’aime et pour aider mes semblables et non pour mener une guerre contre qui que ce soit. Je n’étais pas armée pour une « guerre psychologique ». Je suis en arrêt de maladie, car je suis dépressive à cause d’une profession qui me tue lentement depuis des années. Inutile d’exercer de façon humaine, seule la rentabilité compte pour les employeurs. Nous ne sommes rien que des pions pour eux. Les cadres sont tranquillement installés dans leur bureau, avec des horaires plus cool et le personnel soignant subit un stress incroyable et une réelle fatigue physique à force de manipulations, et à courir sur des journées de douze heures passées en structures.
    Je ne souhaite , ni ne trouve plus la force de continuer une profession humaine où je donne beaucoup et ne reçois jamais rien ….c’est usant et désespérant.

  18. moi je dirait q une chose le pire ses que ses hommes politique deviendrons comme sa et il auront besoin de ses personnes important

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