Après plusieurs refus d’accorder son autorisation à la mise en vente de ce médicament, le Flibanserin, le FDA vient de capituler sous la pression intensive du fabricant du produit, Sprout Pharmaceuticals. A cause des risques liés au médicament, le FDA a cependant soumis son autorisation à certaines conditions. Le fabricant devra mettre en place des procédures pour s’assurer que les utilisatrices soient pleinement conscientes des risques comme la somnolence, les évanouissements et les chutes de tension artérielle.

Comme toujours dans ces cas-là, les associations ont été de la partie, les féministes en première ligne à coup de pétitions, autant des deux côtés, les pour et les contre la commercialisation du produit, chaque partie avançant des arguments parfaitement défendables. Comme on pouvait s’y attendre, ce sont ceux qui ont su manipuler la fibre discriminatoire, le sexisme dans le cas présent, qui ont gagné.

Les questions de santé publique ont donc été occultées par ce « débat ». Il est évident qu’un médicament, s’il est actif, peut toujours être dangereux selon la manière dont on l’utilise. Il est donc nécessaire que cette dangerosité soit évaluée de manière à pouvoir fixer les limites d’utilisation du produit. Avec le Flibanserin, cette étape se fera en live.

Ensuite, le marketing fera le reste, comme pour le Viagra dont le nom est d’ailleurs largement utilisé ici : le « Viagra » féminin. Mais le Flibanserin n’a strictement rien à voir avec le Viagra, ni chimiquement, ni en terme d’effets, ni dans son utilisation. Il s’agit avant tout d’un traitement (et non d’une prise ponctuelle) destiné à augmenter la libido chez les femmes non-ménopausées souffrant d’une baisse du désir sexuel.

Le mode d’action des deux médicaments n’est pas le même. Tandis que le Viagra agit au niveau purement physiologique sur la circulation sanguine en permettant un afflux de sang dans le sexe masculin, et ainsi permettre une érection, le Flibanserin, lui, agit au niveau des mécanismes plus complexes de la libido, disons à un niveau psychologique, pour faire court. Le Viagra pallie à une défaillance, un dysfonctionnement qui, même s’il peut être d’origine psychologique, est pris en tant que problème « mécanique ». La présentation du Flibanserin comme « Viagra féminin » est donc erronée. C’est plus un coup marketing qu’autre chose.

Il reste maintenant à savoir si le produit fonctionne réellement comme le prétend son fabricant. Le laboratoire Pfizer, le créateur du Viagra, le vrai, s’était lancé, en 2004, dans l’adaptation de son produit pour les femmes. Ça avait été un ratage complet. Mais ça ne l’avait pas empêché, à l’époque, d’en faire un énorme coup médiatique. Tout le tapage autour des déboires du Flibanserin avec le FDA ne cherche –t-il pas à occulter la question principale qui est : le médicament est-il réellement efficace ? Un doigt de porto ou une goutte de pineau ne donneraient-ils pas les mêmes effets ?

Source : Avic – Réseau International

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