sépulture d’un chien
JANSSENS ET AL 2018

Quand est-ce que nous avons commencé à vivre avec les chiens est difficile à identifier dans l’histoire. Cette relation que nous avons nouée avec eux date probablement de plus de 30 000 ans, bien que la nature de celle-ci soit très controversée. De nouvelles preuves suggèrent toutefois que depuis environ 14 200 ans, les gens aimaient et prenaient soin de leurs animaux de compagnie préférés.

À cet effet, les chercheurs ont passé au crible un chien mort depuis longtemps, et ont confirmé que la sépulture pourrait nous révéler maintes réalités sur notre ancienne relation avec les chiens. Les dépouilles d’un chien de Oberkassel (un quartier de la ville de Bonn), découvertes en Allemagne il y a environ un siècle et datant de 14 200 ans, sont déjà remarquables pour plusieurs raisons.

Le premier chien a été retrouvé enterré à côté de deux squelettes humains, dont l’un appartenait à un homme probablement mort à la quarantaine et l’autre à une femme dans la vingtaine. Cela signifie que les os du Oberkassel-Bonn sont les premières sépultures connues d’un chien domestique, gisant à côté de ses propriétaires. Mais il s’est également avéré que la tombe contient les dépouilles d’un deuxième chien, ce qui en fait aussi la seule sépulture qui contient deux chiens.

Les propriétaires des chiens de Oberkassel-Bonn auraient été des chasseurs-cueilleurs, vivant un mode de vie nomade en Europe centrale. Ils auraient probablement suivi les troupeaux migrateurs de rennes et de mammouths à travers les forêts boréales et les plaines d’herbe, en utilisant leurs chiens pour les aider à chasser leur proie. La majorité des chercheurs ont donc considéré cette relation précoce entre l’homme et le chien comme étant utilitaire.

Nonobstant, une réanalyse de la sépulture du Oberkassel-Bonn, publiée au Journal of Archaeological Science, a suscité des doutes concernant ce point de vue. Bien qu’il ne fût qu’un chiot lorsqu’il mourut, il y a des signes qui montrent qu’il a connu un début difficile à cause de la maladie, et que les humains ont probablement pris soin de lui. Ces faits, affirment les chercheurs, prouvent que ces chasseurs-cueilleurs d’Allemagne ne considéraient pas seulement leurs chiens comme un moyen, mais ils prenaient également soin d’eux en tant qu’animaux de compagnie.

L’analyse de la bouche et des dents a mis en évidence que le chiot a dû souffrir d’une infection sévère à Morbillivirus, ou maladie de Carré, entre 19 et 23 semaines, la maladie réapparaissant au moins trois fois au cours de cette période.

« Le premier épisode de l’infection suffirait pour mettre fin à la vie des chiens dans la nature », a déclaré Luc Janssens, co-auteur de l’étude, à New Scientist.

« Et la possibilité de la survie sans aide humaine est extrêmement faible. »

sépulture d’un chien
8777334 / Pixabay

Pendant la maladie du chien, il n’aurait pas été utile aux humains qui en prenaient soin et il aurait très probablement souffert de diarrhée et de vomissements. Même après son rétablissement, il était peu probable que le chien reprenne sa besogne. Ceci, confirment les chercheurs, montre que l’animal a été gardé comme animal de compagnie et probablement aimé comme tel.

 

 

 

Sources et références:

http://www.ucl.ac.uk/human-evolution/news/bonn-oberkassel-dog-death-disease-feb-2018

https://www.sciencedirect.com/science/article/pii/S0305440318300049

https://www.newscientist.com/article/2160695-oldest-dog-burial-suggests-prehistoric-humans-loved-dogs-as-pets/ / iflscience.com

Traduit et adapté par: Aidersonprochain.com

La plus ancienne sépulture d’un chien confirme que cet animal de compagnie a été depuis toujours l’ami de l’homme
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