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Staphylocoque doré / SARM

Une bactérie du corps humain produit un antibiotique qui peut tuer les bactéries résistantes.

Un nouvel antibiotique se trouve au niveau de notre nez qui n’est plus une source de mucus répugnant. Cet antibiotique est produit par une bactérie qui vit au niveau du nez humain, la molécule tue le Staphylococcus aureus ( staphylocoque doré ) résistant à la méticilline (SARM) qui peut être mortel chez les rats et les souris.

Le staphylocoque doré réside dans le nez de 1 personne sur 3 sans causer de problèmes. Toutefois, le SARM – une souche du S. aureus résistante à de nombreux antibiotiques – se trouve chez 2 personnes sur 100 et elle peut s’infiltrer dans la circulation sanguine, tout en provoquant une infection.

Le nouveau composé potentiel dans la lutte contre le SARM est une molécule connue sous le nom de lugdunine produite par la bactérie Staphylococcus lugdunensis, rapporte Andreas Peschel et ses collègues à l’université de Tübingen, en Allemagne, le 27 juillet dans Nature.

Dans un échantillonnage de 187 patients hospitalisés, les personnes dont le nez contenait naturellement le S. lugdunensis étaient six fois moins susceptibles au S. aureus que celles dont le nez ne contenait pas de S. lugdunensis, a constaté l’équipe de Peschel. Ceci suggère que le S. lugdunensis est capable de faire face à la croissance de la bactérie problématique, ce qui signifie que l’antibiotique produit par la bactérie pourrait être développé à titre préventif tels un spray nasal, en vue de tenir le S. aureus à l’écart du nez des gens en premier lieu. Environ 9% des personnes portent naturellement le S. lugdunensis.

staphylocoque doré
Staphylococcus aureus ( staphylocoque doré )

Un nouvel espoir

La grande majorité des antibiotiques sont de petites molécules qui attaquent les enzymes bactériennes, les protéines qui orchestrent les réactions chimiques à l’intérieur de la cellule. Les chercheurs ont découvert que la lugdunine est beaucoup plus grande, avec un mode d’action impliquant la membrane cellulaire qui n’est pas entièrement comprise. Ce nouveau mode opératoire pourrait être la raison pour laquelle les souches bactériennes du S. aureus étaient incapables de développer une résistance à l’antibiotique dans un essai qui a duré 30 jours. « Nous n’avons jamais trouvé de mutants spontanés », explique Peschel.

John Powers, un clinicien en maladies infectieuses à l’Université de George Washington à Washington DC, espère que la lugdunine pourrait éventuellement devenir un antibiotique efficace pour l’usage humain, mais il aimerait voir comment l’antibiotique fonctionne chez l’homme, car les essais en tube menés par l’équipe de Peschel ne permettent pas de prédire si la résistance aux antibiotiques se développera chez les humains.

Le microbiome humain a produit jusqu’à présent quelques antibiotiques seulement, tels que la lactocilline qui provient d’une bactérie vaginale, et les bactéries qui se trouvent au niveau du sol sont la source typique des nouveaux antibiotiques.

Peschel et son équipe étudiaient le S. aureus dans son environnement naturel, le nez humain, et ont souligné que : « Si vous voulez contrôler les bactéries, il est essentiel de comprendre leur mode de vie ». Pour ce faire, nous avons passé au crible ses concurrents. L’équipe a criblé 90 bactéries du nez humain, et a constaté que seul le S. lugdunensis a tué le SARM.

Lorsque l’équipe de Peschel a infecté la peau des souris avec le S. aureus ( staphylocoque doré ), une pommade à base de lugdunine a éliminé l’infection de l’épiderme et du derme.

En outre, le S. lugdunensis a également réduit la quantité de S. aureus suite à son injection au nez des rats (Sigmodon hispidus).

En plus du SARM, la lugdunine a tué le S. aureus résistant à l’antibiotique glycopeptide ainsi que l’Enterococcus spp résistant à la vancomycine.

C’est la première fois que des chercheurs parviennent à associer définitivement la production d’un antibiotique par une bactérie à l’élimination d’un concurrent essentiel dans la communauté de microbiomes, souligne Kim Lewis, microbiologiste à la Northeastern University de Boston, Massachusetts.

« C’était un fait un peu surprenant », dit-il. « Nous ne pensons généralement pas aux antibiotiques comme un moyen important que les bactéries peuvent utiliser pour la compétition dans le microbiome. »

Peschel a indiqué que des discussions sont entretenues actuellement avec des entreprises intéressées par le développement de la lugdunine en tant que médicament à usage humain.

 

Sources et références: www.nature.com

Zipperer, A. et alNature http://dx.doi.org/10.1038/nature18634 (2016).
http://www.nature.com/doifinder/10.1038/nature.2015.18383
http://www.nature.com/doifinder/10.1038/521402a
http://www.nature.com/doifinder/10.1038/nature.2015.16675
http://www.nature.com/doifinder/10.1038/482023a
Traduit et adapté par: Aidersonprochain.com / image illustration : jarun011 / 123RF

Notre nez sait comment tuer le staphylocoque doré résistant à la méticilline (SARM)
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